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Poétique des ruines : La Havane

« La ruine », Eliseo Diego

La maison terrassée par la lumière crue
me laisse à la gorge un goût de poussière, fulgurante
comme une douleur, sa lente décision de mourir, sa laborieuse
décision de mourir, sa peine immense.
Foudroyée à jamais, comme il lui en coûte
de se détacher d'elle-même, comme elle doute
et se leurre sur ses dégâts et reprend confiance
mais soudain la reperd
et, convaincue enfin de ce déchirement sauvage, s'y résout
dans un calme apparent, silencieuse et stoïque dans son horreur faite de poussière.

Eliseo Diego, Anthologie poétique, choix, présentation et traduction Jean-Marc Pelorson, La Havane, Editorial José Marti, 2001, p. 18.

 

 

 

 

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