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Les métiers se livrent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languedoc-Roussillon livre et lecture a organisé lundi 4 mai 2015 une journée interprofessionnelle des métiers du livre pour « répondre au besoin d’échanges et de partage exprimé par les acteurs du livre, de la culture et les élus ».

Les métiers se sont livrés à un état des lieux sans retenue certes…

Les auteurs se plaignent de ne gagner que 7 % du prix de chaque livre vendu ; les éditeurs se plaignent du nombre d’heures dédiées à leur travail et se demandent qui serait bien capable de prendre le relais dans de telles conditions ; les libraires se plaignent de devoir payer les frais des auteurs lors de dédicaces ; les bibliothécaires au contraire se plaignent de ne pouvoir rémunérer simplement les auteurs qui viennent parler de leur livre ; les organisateurs de manifestations littéraires se plaignent de leur manque de moyens ; les élus sont inquiets du rapprochement des deux régions…
Bref une économie du livre en péril… « Les maillons de la chaîne du livre sont en véritable tension » (Laurent Delabouglise, FILL) alors que, comme l'illustre le dessin de Dom, un écosystème où chacun travaille en ayant conscience et connaissance des étapes amont et aval est indispensable…

 

… mais les acteurs se sont livrés avec passion

Malgré tout, dans cette chaîne tourmentée, chacun aime profondément et passionnément son rôle. Voici trois maillons enthousiastes…


« Le numérique » change la nature du lien entre auteurs et lecteurs puisqu’il tend vers l’infinité (tout accessible partout) et la gratuité. En cela, il remet en cause le cœur même du système… Laurent Sterna (CRL Midi-Pyrénées) nous interroge : comment rémunérer la créativité dans ces conditions ? Si les auteurs ne gagnent plus leur vie, comment protéger la diversité et donc assurer le vivre ensemble ? Il est convaincu que c’est à l’État régulateur d'organiser ce « chaos ». Selon lui, un libraire subventionné peut avoir une véritable mission de service public : acquérir un fonds à rotation lente par exemple. Les aides et subventions protégent les auteurs et les lecteurs et assurent ainsi le maintien de la diversité et la créativité. Ouf ?

Claudia Zimmer (Aquafadas, Montpellier) propose des solutions aux éditeurs pour accompagner leur passage vers le numérique. Malgré la profusion de contenus numériques et la promesse illusoire d'un auditoire infini, elle est persuadée que la qualité fera la différence : les éditeurs exigeants qui ont à cœur de donner à lire et à voir du contenu enrichi sauront faire la différence. Créer une communauté, animer un forum et alimenter son propre store : voilà les nouveaux outils déterminants pour l'éditeur !

Marion Aubert (comédienne, auteure, la Coopérative d'écriture) crie « vive la littérature de théâtre » et s’insurge contre le peu d’ouvrages proposés en librairie. Pourquoi si peu ? Les publications sont tellement belles selon elle (Actes Sud-Papiers, L’Arche). Le vivant des phrases, l’oralité des mots… la littérature doit être mise sur scène, le théâtre doit être lu ! Sa vigueur nous en convainc très rapidement.

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