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Renaissance

Comment ne pas penser aux portraits de Rembrandt ou de Frans Hals en regardant la couverture de Renaissance ? Réalisées en 2019 au Sénégal, au Bénin et dans l’État de Bahia au Brésil, ces photo­graphies nous dévoilent l’intérêt d’Angèle Etoundi Essamba pour l’histoire coloniale de l’Europe et des continents africain et sud-américain. Et c’est par un détournement subtil et joyeux d’attributs (collerettes, fraises, dentelles, éventails) que l’artiste opère la relation entre les peintres hollandais et l’Afrique. À cette époque où les riches marchands d’Europe de l’Ouest se laissaient immortaliser vêtus de ces fraises blanches, plissées et amidonnées, pourquoi ne sont pas représentés ces acteurs majeurs que sont les peuples colonisés ? En invitant les femmes à se réapproprier la dentelle, la collerette ou l’éventail, signes du pouvoir et de l’élégance, Etoundi Essamba leur rend la place fondamentale qu’elles occupent dans le tableau du multiculturalisme. Puissant vecteur de sens et de symbole, parfois détourné, souvent personnalisé, le « détail » rayonne alors et n’en est plus un. À travers l’attribut, la femme renaît, existe plus intensément et s’impose avec grâce. Une noblesse africaine retrouvée.
Grâce à son investissement personnel avec chacune des interlocutrices, le résultat de son immersion dans un environnement aux réalités plurielles, parfois insoupçonnables, est un condensé de plusieurs vies et d’une multitude d’expériences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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