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David Goldblatt

La fondation Cartier-Bresson expose les photographies de David Goldblatt. « Sa carrière est rythmée par l'histoire tourmentée de son pays natal, l'Afrique du Sud. Il a toujours photographié la ville de Johannesburg, suivant son histoire et son évolution, attentif aux lieux et aux populations. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour cette exposition, « Goldblatt s'intéresse aux “ex-offenders” [anciens criminels ou délinquants], en les invitant à retourner sur la scène des crimes qui les ont conduits devant la justice et en les photographiant au même endroit. » Lieux, paysages, cadres sont « d’une grande banalité ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographe des profondeurs de l’être, de l’intériorité, David Goldblatt donne à voir un rayonnement explosif. Celui de ces regards, de ces visages incroyablement là et qui cernent le visiteur. Quelle classe, quelle force, quelle évidente richesse se dégagent de ces êtres imposants ! Des géants devant vous.

L’histoire factuelle de chaque criminel est décrite, sous sa photographie, sur un simple cartel. Goldblatt nous introduit dans des zones intérieures mais aussi dans une époque et des quartiers difficilement accessibles. L’art photographique comme expression de l’intimité d’un pays et de ses violences. 

Bibliophilie sous le regard romanesque d’un promeneur érudit

« Drouot Formation permet d’explorer et comprendre les méandres de l’hôtel des ventes et du marché de l’art, mais aussi et surtout d’aiguiser sa curiosité et d’étendre et approfondir ses connaissances. » (Georges Delettrez,
 président de Drouot Holding)

Histoire de l’art, orfèvrerie, mobilier, photographie, galeries d’art… de nombreux thèmes sont proposés par Drouot Formation. Qu’en est-il de la bibliophilie ? « Pas encore assez de curieux, le cycle bibliophilie avait dû être annulé. Mais il devrait prochainement être à nouveau proposé ! » En attendant, à l’Hôtel Richelieu-Drouot, il était possible d’assister, ce jeudi 10 février, à la rencontre «Bibliophilie sous le regard romanesque d’un promeneur érudit » :


Ancien directeur de la bibliothèque de l’Arsenal, Jean-Claude Garreta est un personnage pittoresque et incontournable du monde bibliophile français. Il saura vous faire voyager, à travers la visite avant-vente de l’étude Pescheteau-Badin, sur les questions concernant les sources, techniques et histoires du livre qui donnent toute leur valeur à ces ouvrages tant prisés par les bibliophiles français.

Qui imaginerait que l’observation de ces publications des siècles passés procurerait un plaisir aussi intense que celui éprouvé dans une librairie moderne ? Le vocabulaire de l’édition semble alors intemporel. Devant les vitrines de cette exposition, Jean-Claude Garreta, dit LE bibliothécaire, ouvre les livres, improvise au fil des pages, et revient sur quelques bases à emporter avec soi :

– Choisir un livre pour son contenu avant tout – et non pour la dorure de la tranche qui, rappelons-le, ne sert qu’à éviter que la poussière ne pénètre à travers les pages…

– Être séduit par un livre comme on l’est par un vin, non par l’étiquette de sa bouteille.

– Feuilleter le livre dans les deux sens pour avoir une idée de son sujet.

– Le manipuler, le toucher, le lire, le manipuler encore. Un livre trop lourd et non maniable représente l’antithèse même du livre.

– Lire Balzac dans sa police d’origine : le Didot. Vous verrez, la lecture prend alors une autre dimension…

– Considérer une bibliographie comme une invitation à explorer d’autres plaisirs. Et, imaginez, il existe même des bibliographies de bibliographies !

– Avoir à l’esprit que certains livres attendent des années avant d’être ouverts par leur premier lecteur.

Bonne année 2011

Nouveau…

Architectures africaines

d’architecture & d’Afrique
Voici le nom d’une nouvelle collection. Celle proposée par l’association Villes et architectures d’Afrique.

Suites architecturales. Kinshasa, Douala, Dakar en est le premier ouvrage.

L’architecture de ces trois villes africaines nous est présentée de manière tout à fait originale : les auteurs évoquent autant les matériaux, les styles, les structures, l’historique des constructions… que leur usage, leur absorption, leur adoption par la population. L’architecture est définie par ce qui l’entoure (sons, rythmes, flux), par l’occupation de son espace.

« Autour de la place Royale, des immeubles urbains “gris”, tous identiques, affectés à l’Ofida (douane), précèdent un immeuble de type Le Corbusier déployé sur 14 étages. À l’extrémité du boulevard, vers la place Stanley où la densité humaine est plus importante, des grilles verticales ont été posées sur la limite du terre-plein afin de contrôler les flux. De ce côté, les espaces publics installés dans les interstices présentent les mêmes petits commerces qu’à Douala ou Dakar, chaussures et vêtements, avec quelques variantes comme le cirage des chaussures en “file indienne” sur le trottoir.
À l’arrière du boulevard, au niveau de l’avenue des Aviateurs, les quelques terre-pleins sont pris d’assaut par des buvettes et salons de coiffure à l’air libre, à côté d’un espace vert, jadis public, rendu inaccessible car jouxtant l’ambassade américaine. Rigueur et liberté sont contraintes de s’y côtoyer à travers une occupation plus libre des espaces par des installations éphémères.
»

Danièle Diwouta-Kotto et Sandrine Dole, « Kinshasa », Suites architecturales, Édition VAA (d’architecture & d’Afrique), 2010, p. 37.

« Dès le lever du jour, les gens sortent de leurs murs et accaparent le centre-ville. Le boulevard de la Liberté et ses arcades, l’avenue Ahmadou-Ahidjo et ses trottoirs. Tout l’espace est occupé. L’espace extérieur de la ville appartient d’abord au plus grand nombre. Piétons et véhicules se disputent la chaussée de manière désordonnée. Les trottoirs, quand il y en a, sont systématiquement occupés et transformés en espace marchand. Et chaque périmètre est aujourd’hui subtilisé pour construire un abri ou un commerce, souvent de fortune. Ici, la rue cumule les fonctions de transit et ralentissement, rôle joué habituellement par les places. Cartes téléphoniques, bibelots, arachides ou beignets… tout est proposé aux piétons et véhicules par des vendeurs avançant au même rythme. Ça braille. Et surtout, ça klaxonne. »

« Douala », ibid., p. 67.

Ce livre dédié aux constructions, au « dur », nous donne à voir et à sentir la vie de ces trois villes. L’architecture n’est jamais muette. Elle devient ici porte-voix, porte-vie.

À travers ces analyses, ces descriptions, ces historiques, les auteurs affirment que toutes ces architectures mêlent inlassablement passé et présent. Quel sera alors le futur de ces villes ?

« L’ouverture au reste du monde, l’absorption de styles étrangers sont donc l’apanage pour ces villes à construire, en devenir permanent, qui attirent toujours l’étranger. L’Africain dans sa majorité aspire à un style moderne. L’idée que l’architecture doit être le reflet d’une culture urbaine et africaine n’a jamais primé. Et la volonté de réaliser une architecture différente, spécifique n’est pas une priorité. Face à cette situation, de nouveaux modèles architecturaux sont facilement transplantés, souvent détournés et reformatés dans une quête d’images traduisant une identité basée sur ce que l’on perçoit de la modernité ailleurs. Il s’agit de correspondre à une image légitimisée, par ce qui aura été “vu” à Johannesburg, Shanghai ou Dubaï, territoires non européens. L’émergence de nouveaux pays donne maintenant le choix des références et surtout permet de sortir du passage obligé par l’Europe pour accéder à la modernité rêvée. »

« Transversales », ibid., p. 106.
 

Glifpix

Glifpix ou le « reportage financé par la communauté »

 

« Notre but est d’être certain que les journalistes couvrent les sujets qui sont importants pour vous. Le meilleur moyen pour que ça se produise est de… proposer un projet, financer un projet ou s’emparer d’une mission. » [mail transmis aux nouveaux membres de la communauté Glifpix]

Le lecteur doit payer pour obtenir un reportage à la hauteur de ses attentes, une enquête répondant à toutes ses interrogations. Pourquoi ? Les journalistes ne sont-ils plus libres ? plus assez payés ? en manque d’idées ?

Ou est-ce là l’opportunité pour le lecteur de devenir rédac’ chef en missionnant des journalistes professionnels sur des sujets inédits ou survolés ?
« Glifpix répond à la demande d’un public insatisfait par l’offre d’information existante, malgré son abondance et sa diversité. Glifpix permet à des talents inventifs et audacieux, qui trouvent de moins en moins de média[s] d’accueil pour leurs idées originales, leurs connaissances des terrains, leurs analyses approfondies et/ou leurs opportunités d’enquête, la possibilité de “vendre” leurs sujets à un public directement intéressé. » [site Internet]

La question devient : qu’est-ce que je veux vraiment savoir ? En quoi le sujet que je vais soumettre va faire réagir et avancer les autres lecteurs ?

Scientifique, politique ou pragmatique ?


Aux États-Unis, cela s’appelle Spot Us, « A Different Way to Pay for the News You Want » [article de S. Kershaw, The New York Times, 23-08-2008] :?
« The idea is that anyone can propose a story, though the editors at Spot Us ultimately choose which stories to pursue. Then the burden is put on the citizenry, which is asked to contribute money to pay upfront all of the estimated reporting costs. If the money doesn’t materialize, the idea goes unreported. »?


Un reportage dédié à Glifpix est à écouter sur BFM

 

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