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Bonne année 2011

Nouveau…

Architectures africaines

d’architecture & d’Afrique
Voici le nom d’une nouvelle collection. Celle proposée par l’association Villes et architectures d’Afrique.

Suites architecturales. Kinshasa, Douala, Dakar en est le premier ouvrage.

L’architecture de ces trois villes africaines nous est présentée de manière tout à fait originale : les auteurs évoquent autant les matériaux, les styles, les structures, l’historique des constructions… que leur usage, leur absorption, leur adoption par la population. L’architecture est définie par ce qui l’entoure (sons, rythmes, flux), par l’occupation de son espace.

« Autour de la place Royale, des immeubles urbains “gris”, tous identiques, affectés à l’Ofida (douane), précèdent un immeuble de type Le Corbusier déployé sur 14 étages. À l’extrémité du boulevard, vers la place Stanley où la densité humaine est plus importante, des grilles verticales ont été posées sur la limite du terre-plein afin de contrôler les flux. De ce côté, les espaces publics installés dans les interstices présentent les mêmes petits commerces qu’à Douala ou Dakar, chaussures et vêtements, avec quelques variantes comme le cirage des chaussures en “file indienne” sur le trottoir.
À l’arrière du boulevard, au niveau de l’avenue des Aviateurs, les quelques terre-pleins sont pris d’assaut par des buvettes et salons de coiffure à l’air libre, à côté d’un espace vert, jadis public, rendu inaccessible car jouxtant l’ambassade américaine. Rigueur et liberté sont contraintes de s’y côtoyer à travers une occupation plus libre des espaces par des installations éphémères.
»

Danièle Diwouta-Kotto et Sandrine Dole, « Kinshasa », Suites architecturales, Édition VAA (d’architecture & d’Afrique), 2010, p. 37.

« Dès le lever du jour, les gens sortent de leurs murs et accaparent le centre-ville. Le boulevard de la Liberté et ses arcades, l’avenue Ahmadou-Ahidjo et ses trottoirs. Tout l’espace est occupé. L’espace extérieur de la ville appartient d’abord au plus grand nombre. Piétons et véhicules se disputent la chaussée de manière désordonnée. Les trottoirs, quand il y en a, sont systématiquement occupés et transformés en espace marchand. Et chaque périmètre est aujourd’hui subtilisé pour construire un abri ou un commerce, souvent de fortune. Ici, la rue cumule les fonctions de transit et ralentissement, rôle joué habituellement par les places. Cartes téléphoniques, bibelots, arachides ou beignets… tout est proposé aux piétons et véhicules par des vendeurs avançant au même rythme. Ça braille. Et surtout, ça klaxonne. »

« Douala », ibid., p. 67.

Ce livre dédié aux constructions, au « dur », nous donne à voir et à sentir la vie de ces trois villes. L’architecture n’est jamais muette. Elle devient ici porte-voix, porte-vie.

À travers ces analyses, ces descriptions, ces historiques, les auteurs affirment que toutes ces architectures mêlent inlassablement passé et présent. Quel sera alors le futur de ces villes ?

« L’ouverture au reste du monde, l’absorption de styles étrangers sont donc l’apanage pour ces villes à construire, en devenir permanent, qui attirent toujours l’étranger. L’Africain dans sa majorité aspire à un style moderne. L’idée que l’architecture doit être le reflet d’une culture urbaine et africaine n’a jamais primé. Et la volonté de réaliser une architecture différente, spécifique n’est pas une priorité. Face à cette situation, de nouveaux modèles architecturaux sont facilement transplantés, souvent détournés et reformatés dans une quête d’images traduisant une identité basée sur ce que l’on perçoit de la modernité ailleurs. Il s’agit de correspondre à une image légitimisée, par ce qui aura été “vu” à Johannesburg, Shanghai ou Dubaï, territoires non européens. L’émergence de nouveaux pays donne maintenant le choix des références et surtout permet de sortir du passage obligé par l’Europe pour accéder à la modernité rêvée. »

« Transversales », ibid., p. 106.
 

Glifpix

Glifpix ou le « reportage financé par la communauté »

 

« Notre but est d’être certain que les journalistes couvrent les sujets qui sont importants pour vous. Le meilleur moyen pour que ça se produise est de… proposer un projet, financer un projet ou s’emparer d’une mission. » [mail transmis aux nouveaux membres de la communauté Glifpix]

Le lecteur doit payer pour obtenir un reportage à la hauteur de ses attentes, une enquête répondant à toutes ses interrogations. Pourquoi ? Les journalistes ne sont-ils plus libres ? plus assez payés ? en manque d’idées ?

Ou est-ce là l’opportunité pour le lecteur de devenir rédac’ chef en missionnant des journalistes professionnels sur des sujets inédits ou survolés ?
« Glifpix répond à la demande d’un public insatisfait par l’offre d’information existante, malgré son abondance et sa diversité. Glifpix permet à des talents inventifs et audacieux, qui trouvent de moins en moins de média[s] d’accueil pour leurs idées originales, leurs connaissances des terrains, leurs analyses approfondies et/ou leurs opportunités d’enquête, la possibilité de “vendre” leurs sujets à un public directement intéressé. » [site Internet]

La question devient : qu’est-ce que je veux vraiment savoir ? En quoi le sujet que je vais soumettre va faire réagir et avancer les autres lecteurs ?

Scientifique, politique ou pragmatique ?


Aux États-Unis, cela s’appelle Spot Us, « A Different Way to Pay for the News You Want » [article de S. Kershaw, The New York Times, 23-08-2008] :?
« The idea is that anyone can propose a story, though the editors at Spot Us ultimately choose which stories to pursue. Then the burden is put on the citizenry, which is asked to contribute money to pay upfront all of the estimated reporting costs. If the money doesn’t materialize, the idea goes unreported. »?


Un reportage dédié à Glifpix est à écouter sur BFM

 

L’Art des jardins en Chine

Les Éditions du Rouergue et la galerie Luohan publient les photographies d'Iris L. Sullivan accompagnées des textes descriptifs et poétiques de Laurent Colson.

Ce livre est magnifique, son sujet, si fort, si saisissant, dépasse largement son titre. Au-delà du parcours précis et détaillé à travers les jardins chinois, il nous convie à un véritable hymne à la nature. Dans ces jardins, « Tout est donné par la nature » [p. 132], elle s’y représente elle-même, elle se met en scène ; par exemple, les rochers disposés dans ces espaces symbolisent tour à tour la montagne, des animaux ou encore des arbres…

 

 

 

 

 

 

« Incongru, parfois élégant, souvent sage et serein, un rocher isolé représente toute une montagne en concentré. Il est une particule élémentaire du cosmos qui permet de le saisir intégralement. […] Les uns y voient des paysages aux multiples cavernes où s’attarder et s’égarer. Pour les plus sensuels, ce sont d’envoûtantes courtisanes. D’aucuns y discernent des animaux prêts à bondir. Pour d’autres encore, les rochers représentent de vieux arbres tourmentés, gardiens de tous les secrets du monde. » [p. 132]

Que voyez-vous dans ces jardins ? Quel est le secret de votre jardin ?

« Quand on y pense, ce sont tant d’images, de couleurs, de saveurs, de parfums, de lumières que l’esprit en est tout inondé. Leur variété est infinie, il y a les jardins à la française, les jardins anglais, les jardins arabo-espagnols, les jardins de curé, les jardins ouvriers, les jardins botaniques, les jardins aromatiques, les jardins potagers, les jardins d’hiver […] » [p. 7]
 

Flavia Cocchi

Graphiste suisse installée à Lausanne, Flavia Cocchi est l’invitée de la Galerie Anatome*, le maître des lieux jusqu’au 11 décembre 2010.

 

Exposer des livres contemporains dans une galerie

 

Ni livres avec étiquettes vendus en librairie, ni manuscrits sous verre exposés au musée, ni pièces d’archives ouvertes à des pages précises dont il faut admirer les lettrines, les livres réalisés par Flavia Cocchi existent aujourd’hui, là dans nos mains et nos yeux.
Posés fermés dans cet espace, ils nous sont donnés à toucher, ouvrir, sentir, lire, parcourir, retourner, décortiquer… pour remonter vers son idée première. En effet, le visiteur/lecteur essaie de remonter le temps de la création : de quoi est-elle partie ? d’un brief ? de contraintes ? d’envies puissantes ? d’évidences ?
« La mise en route des projets de la graphiste ne passe pas nécessairement par la formulation d’un concept théorique ou d’un discours politique. Elle tente de laisser libre cours à sa spontanéité tout en perpétuant la tradition rationnelle et objective du design suisse. » (Petit Journal, n° 8).

 

Livres-objets


La dualité propre au livre, contenant/contenu, est chez Flavia Cocchi pleinement explosive. En témoigne ce « catalogue-objet » d’une exposition sur le thème du gonflable dont la couverture est remplie d’air, telle une bouée pour empêcher le livre de couler. La matière au service de la lettre.


« L’efficacité se teinte de poésie »


L'artiste illustre dans ses œuvres graphiques (livres, affiches, visuels) l’adéquation possible entre maîtrise, savoir-faire, artisanat, rigueur – héritée du design suisse – et création unique, poésie, sensibilité.

 

La Galerie Anatome présente des expositions d’arts graphiques et publie à l’occasion de chacune un Petit Journal. Ce lieu très lumineux et porté par une librairie entièrement dédiée au design graphique nous promet de belles rencontres.

La Galerie Anatome est le seul lieu permanent en France d’exposition du graphisme contemporain.

 

38, rue Sedaine – 75011 Paris
 

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