Blog

Glifpix

Glifpix ou le « reportage financé par la communauté »

 

« Notre but est d’être certain que les journalistes couvrent les sujets qui sont importants pour vous. Le meilleur moyen pour que ça se produise est de… proposer un projet, financer un projet ou s’emparer d’une mission. » [mail transmis aux nouveaux membres de la communauté Glifpix]

Le lecteur doit payer pour obtenir un reportage à la hauteur de ses attentes, une enquête répondant à toutes ses interrogations. Pourquoi ? Les journalistes ne sont-ils plus libres ? plus assez payés ? en manque d’idées ?

Ou est-ce là l’opportunité pour le lecteur de devenir rédac’ chef en missionnant des journalistes professionnels sur des sujets inédits ou survolés ?
« Glifpix répond à la demande d’un public insatisfait par l’offre d’information existante, malgré son abondance et sa diversité. Glifpix permet à des talents inventifs et audacieux, qui trouvent de moins en moins de média[s] d’accueil pour leurs idées originales, leurs connaissances des terrains, leurs analyses approfondies et/ou leurs opportunités d’enquête, la possibilité de “vendre” leurs sujets à un public directement intéressé. » [site Internet]

La question devient : qu’est-ce que je veux vraiment savoir ? En quoi le sujet que je vais soumettre va faire réagir et avancer les autres lecteurs ?

Scientifique, politique ou pragmatique ?


Aux États-Unis, cela s’appelle Spot Us, « A Different Way to Pay for the News You Want » [article de S. Kershaw, The New York Times, 23-08-2008] :?
« The idea is that anyone can propose a story, though the editors at Spot Us ultimately choose which stories to pursue. Then the burden is put on the citizenry, which is asked to contribute money to pay upfront all of the estimated reporting costs. If the money doesn’t materialize, the idea goes unreported. »?


Un reportage dédié à Glifpix est à écouter sur BFM

 

L’Art des jardins en Chine

Les Éditions du Rouergue et la galerie Luohan publient les photographies d'Iris L. Sullivan accompagnées des textes descriptifs et poétiques de Laurent Colson.

Ce livre est magnifique, son sujet, si fort, si saisissant, dépasse largement son titre. Au-delà du parcours précis et détaillé à travers les jardins chinois, il nous convie à un véritable hymne à la nature. Dans ces jardins, « Tout est donné par la nature » [p. 132], elle s’y représente elle-même, elle se met en scène ; par exemple, les rochers disposés dans ces espaces symbolisent tour à tour la montagne, des animaux ou encore des arbres…

 

 

 

 

 

 

« Incongru, parfois élégant, souvent sage et serein, un rocher isolé représente toute une montagne en concentré. Il est une particule élémentaire du cosmos qui permet de le saisir intégralement. […] Les uns y voient des paysages aux multiples cavernes où s’attarder et s’égarer. Pour les plus sensuels, ce sont d’envoûtantes courtisanes. D’aucuns y discernent des animaux prêts à bondir. Pour d’autres encore, les rochers représentent de vieux arbres tourmentés, gardiens de tous les secrets du monde. » [p. 132]

Que voyez-vous dans ces jardins ? Quel est le secret de votre jardin ?

« Quand on y pense, ce sont tant d’images, de couleurs, de saveurs, de parfums, de lumières que l’esprit en est tout inondé. Leur variété est infinie, il y a les jardins à la française, les jardins anglais, les jardins arabo-espagnols, les jardins de curé, les jardins ouvriers, les jardins botaniques, les jardins aromatiques, les jardins potagers, les jardins d’hiver […] » [p. 7]
 

Flavia Cocchi

Graphiste suisse installée à Lausanne, Flavia Cocchi est l’invitée de la Galerie Anatome*, le maître des lieux jusqu’au 11 décembre 2010.

 

Exposer des livres contemporains dans une galerie

 

Ni livres avec étiquettes vendus en librairie, ni manuscrits sous verre exposés au musée, ni pièces d’archives ouvertes à des pages précises dont il faut admirer les lettrines, les livres réalisés par Flavia Cocchi existent aujourd’hui, là dans nos mains et nos yeux.
Posés fermés dans cet espace, ils nous sont donnés à toucher, ouvrir, sentir, lire, parcourir, retourner, décortiquer… pour remonter vers son idée première. En effet, le visiteur/lecteur essaie de remonter le temps de la création : de quoi est-elle partie ? d’un brief ? de contraintes ? d’envies puissantes ? d’évidences ?
« La mise en route des projets de la graphiste ne passe pas nécessairement par la formulation d’un concept théorique ou d’un discours politique. Elle tente de laisser libre cours à sa spontanéité tout en perpétuant la tradition rationnelle et objective du design suisse. » (Petit Journal, n° 8).

 

Livres-objets


La dualité propre au livre, contenant/contenu, est chez Flavia Cocchi pleinement explosive. En témoigne ce « catalogue-objet » d’une exposition sur le thème du gonflable dont la couverture est remplie d’air, telle une bouée pour empêcher le livre de couler. La matière au service de la lettre.


« L’efficacité se teinte de poésie »


L'artiste illustre dans ses œuvres graphiques (livres, affiches, visuels) l’adéquation possible entre maîtrise, savoir-faire, artisanat, rigueur – héritée du design suisse – et création unique, poésie, sensibilité.

 

La Galerie Anatome présente des expositions d’arts graphiques et publie à l’occasion de chacune un Petit Journal. Ce lieu très lumineux et porté par une librairie entièrement dédiée au design graphique nous promet de belles rencontres.

La Galerie Anatome est le seul lieu permanent en France d’exposition du graphisme contemporain.

 

38, rue Sedaine – 75011 Paris
 

Histoires d’édition (II)

L’IMEC et le CRL de Basse-Normandie proposent un nouveau cycle intitulé : Histoires d’édition. Une autre maison d’édition, un autre éditeur, d’autres auteurs sont invités pour ce second volet : c’est Nous. Nous, ou ce qui n’avait pas d’intérêt à s’appeler Casas éditions… Benoît Casas, responsable de Nous, affirme en effet ne pas comprendre l’association d’un nom de famille à une maison d’édition. Selon lui, ce sont avant tout les auteurs, et ensuite les éditeurs, qui donnent son identité à une maison, d’où le Nous… Nous, ou si vous préférez prononcer Nous(se), intellect en grec.

Pourquoi publier ?

Pour donner à lire des textes épuisés.

La collection Via propose des textes sur l’Italie. Excusez du peu : Chateaubriand, Voyage en Italie. Maupassant, La Sicile (précédé de La côte italienne). 

Pour donner à lire la poésie.

La poésie comme acte politique puisque par sa nature, la poésie court-circuite, arrête, interrompt le flux et le rythme de la communication et de l’information, et par là même la société.

Pour donner à écouter la poésie.

Philippe Beck propose un CD de lecture de ses poèmes à la fin de son ouvrage, Lyre Dure, puisque selon lui, la poésie ne peut être que sonore. L’éditeur a entendu.

Pour continuer et partager.

Tout simplement, c’est l’obstination – la continuation du catalogue et cet engagement dévoué aux auteurs – qui anime Nous. Philippe Beck et Luc Bénazet ont rejoint ce catalogue, séduits, ils emploient tous deux un même adjectif pour qualifier la rencontre, l’échange avec les deux éditeurs : gracieux.

Histoires d’édition (I)

L’IMEC et le CRL de Basse-Normandie proposent un nouveau cycle intitulé : Histoires d’édition. Première invitée, Catherine Flohic, l’éditrice de la maison d’édition Argol, nous explique son rôle auprès de  l’auteur et de son manuscrit. Christian Prigent et Emmanuel Adely, auteurs publiés par cette maison, nous révèlent leurs relations à leurS éditeurS.

 

Éditer ou...


L’initiative. L’éditeur appelle le livre, le « commande », ou plutôt crée un espace possible, un terrain propice à la rencontre d’un sujet et d’un écrivain.
Dans la collection « Les Singuliers » par exemple, l’éditrice propose à un auteur de choisir un interlocuteur pour mener à bien un entretien. Un long entretien sur lui-même et sa relation aux mondes, pour orienter l’écriture vers sa révélation. Elle imagine cette adéquation, la provoque, pour ensuite la donner à lire.

 

L’exigence. Emmanuel Adely a quitté de belles maisons d’édition (Minuit, Seuil, Stock) qui lui demandaient de revoir son texte ou de le modifier. Non, il ne réécrit rien de ce qu’il considère abouti. « Un livre doit trouver son éditeur », selon lui. Belle idée, très belle idée. Il a trouvé Argol.

 

L’intervention. Des éditeurs revoient la copie de l’auteur…
« Le lecteur-correcteur est, avec l’éditeur, la première personne à avoir le texte brut de l’auteur entre les mains. Il est chargé d’en vérifier la cohérence, la structure, les informations. Il doit l’alléger de ses lourdeurs, parfois le réécrire un peu et faire éventuellement au passage un premier travail de correction sur la syntaxe, la grammaire, l’orthographe, la typographie. » (« Correcteurs à rude épreuve », Libération).

 

La légitimation. Chistian Prigent explique que d’être publié chez P.O.L « légitime » son statut d’écrivain. C’est un honneur, jusqu’à ce que cette image de l’« écrivain publié chez » devienne restrictive, s’apparente à un type d’écriture loin de l’expérimental, de « l’avant-garde ». (Ce n’est pas le cas, puisque P.O.L publie son dernier roman en vers, Météo des plages, la semaine prochaine.)

 

La confiance. L’éditeur fait confiance à « son » auteur et le publie tel quel. Catherine Flohic a accepté d’emblée le manuscrit d’Emmanuel Adely, Sommes.

first previous 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 next last

Les derniers articles

Rechercher un article