Les peintures accrochées dans les musées ne représentent que rarement des femmes et hommes noirs. Comme les livres d’histoire et les discours officiels, l’histoire de l’art a oublié les figures noires et a occulté des pans du passé. À ce manque écrasant les artistes contemporains remédient de toutes leurs forces. Ils ne se contentent pas de réécrire l’histoire et de se la réapproprier à travers des contre-récits, ils véhiculent un élan de vie.
L’artiste américain Titus Kaphar s’empare de l’histoire de certains de ces êtres oubliés et passe à l’action. Il écrit au présent puissamment. À la galerie Gagosian, nous sommes face à des visages recouverts de goudron, des corps éclaboussés de blanc, des têtes sculptées carbonisées… Si Jean-Michel Basquiat biffait les mots écrits sur ses toiles pour qu’on ait envie de les lire davantage, Titus Kaphar montre ce qui a été effacé et pourrait l’être à nouveau.
Face à ces sculptures et peintures, un sentiment nouveau nous envahit. Le passé recouvre une vérité et avec elle l’art déploie toute sa puissance, toute la joie qu’il peut procurer.