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Kathia St. Hilaire

L’artiste américaine d’origine haïtienne Kathia St. Hilaire est représentée par la galerie Perrotin. Sa technique est unique, entre estampe, gravure, peinture. La douceur des couleurs et la flamboyance de l’or recouvrent des êtres au destin tragique. Comme protégés et encapsulés dans une épaisseur de matériaux denses, ces récits oubliés sont enfin mis en lumière. La douleur et l’injustice… le spectateur a le droit d’en connaître. Cette épaisseur, cette odeur, ce brillant nous attirent vers un véritable élan de vie universel. Kathia St. Hilaire vous ancre intensément à ses œuvres, mais derrière votre écran vous ne pourrez comprendre.

© Kathia St. Hilaire, Jérémie Vesper I, 2025. Photo Claire Dorn

Titus Kaphar, The Fire this Time

Les peintures accrochées dans les musées ne représentent que rarement des femmes et hommes noirs. Comme les livres d’histoire et les discours officiels, l’histoire de l’art a oublié les figures noires et a occulté des pans du passé. À ce manque écrasant les artistes contemporains remédient de toutes leurs forces. Ils réécrivent l’histoire et se la réapproprient à travers des contre-récits, mais surtout en cela ils véhiculent un élan de vie.

L’artiste américain Titus Kaphar s’empare de l’histoire de certains de ces êtres oubliés et passe à l’action. Il écrit au présent puissamment. À la galerie Gagosian, nous sommes face à des visages recouverts de goudron, des corps éclaboussés de blanc, des têtes sculptées carbonisées… Si Jean-Michel Basquiat biffait les mots écrits sur ses toiles pour qu’on ait envie de les lire davantage, Titus Kaphar montre ce qui a été effacé et pourrait l’être à nouveau.

© Titus Kaphar, Savage Escape (HMS Savage 1781), 2025. Photo Chris Gardner

© Titus Kaphar, Kinfolk, Breath is my Precious Inheritance (Elizabeth Keckley), 2025. Photo Chris Gardner

Derrière les toiles principales se dissimulent des tableaux secrets coulissants qui rétablissent la vérité. Ils peuvent être montrés ou non.

© Titus Kaphar, Celia : Embers, Bones, and Ash, 2025. Photo Owen Conway

Face à ces sculptures et peintures, un sentiment nouveau nous envahit. Le passé recouvre une vérité et avec elle l’art déploie toute sa puissance, toute la joie qu’il peut procurer. 

En présence de cette tension ce jour de février, « la neutralité n’est pas acceptable ».

Je veux connaître la suite de l’histoire dans cette Amérique de 2026. Titus ?

Roméo Mivekannin

« Invité par la Fondation H à concevoir une exposition personnelle à Antananarivo, Roméo Mivekannin réalise une série d’œuvres textiles inspirées de cartes postales coloniales. Massivement diffusées aux 19e et 20e siècles, ces images reliaient les colons à la métropole tout en véhiculant une vision racialiste du monde : stéréotypes figés, corps féminins érotisés, hiérarchisation des cultures. Derrière la banalité apparente de ces représentations, elles imposaient une vision coloniale ayant impacté l’imaginaire collectif. »

Hobisoa Raininoro, commissaire de l’exposition

carte postale revisitée avec le visage de Roméo Mikevannin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Se réapproprier ces images implique une connaissance lucide, une conscience historique et surtout une volonté de renverser le sens initial du message. Il s’agit d’un geste profondément politique, mémoriel, et éducatif. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« On reconnaît encore la carte postale par sa composition, mais elle n’est plus coloniale : elle devient œuvre contemporaine, elle devient Mivekannin ! »

Tsiory Randriamanantena, directeur du Musée de la photographie de Madagascar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

catalogue d’exposition
© Roméo Mivekannin, Correspondances, Antananarivo, Fondation H, 2026.

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